Remettons le Liban sur les rails du progrès...

 

“La circulation des biens de production et des personnes, dans un pays, est conditionné par l’état des moyens de transport et par le coût du transport. Un pays qui doit s’équiper économiquement pour assurer des courants d’échanges actifs et prospères, doit porter une attention toute particulière à l’organisation de ses communications et de ses moyens de transport.”

Pr. Joseph NAGGEAR (premier Président du Conseil de l’Ordre des Ingénieurs et Architectes et ancien ministre du Plan), Plan de reconstruction de l’économie libanaise et de réforme de l’Etat, Société Libanaise d’Economie Politique, Beyrouth, 1948.

Le chemin de fer pour une mobilité durable

En moyenne, le rail (trafics de voyageurs et de marchandises confondus) utilise l’énergie 3 fois plus efficacement que la route. (Source UIC)

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Dans le secteur des transports, les coûts externes résultent principalement des accidents, des pertes de temps dans la congestion, des nuisances sonores et des effets de la pollution sur la santé, l’environnement naturel et les changements climatiques. Ces coûts sont dits “externes” car ils ne sont pas pris en charge par leurs auteurs, mais sont supportés par la collectivité toute entière.

Le défi du secteur des transports pour ce 21ème siècle est de participer à un développement économique équilibré et à un progrès social partagé, tout en réduisant les nuisances qu’il induit et en préservant l’environnement.

Il est bien évident que le transport par rail ne peut répondre à tous les besoins en transport, c’est pourquoi il serait absurde de le considérer comme un ennemi de l’automobile. Une politique des transports efficace et saine est une politique qui sait tirer profit au mieux de la complémentarité des différents modes de transport et qui sait exploiter toutes les possibilités de coopération intermodale. Partout où la massification des flux est possible, le transport par rail offre des avantages incontestables.

Ces considérations s’appliquent aussi bien aux pays “développés” qu’aux pays dits “en voie de développement”. Au Liban, il est nécessaire que les responsables politiques considèrent enfin le transport comme un secteur à part entière. N’oublions pas que l’économie libanaise est lourdement pénalisée par les coûts externes générés par les activités de transport.

Notions de coûts externes et d’intermodalité dans les transports

Un rendement énergétique élevé

Le contact des roues en acier d’un train sur les rails en acier offre un faible coefficient d’adhérence qui limite sensiblement la résistance au roulement. La résistance au roulement d’un véhicule équipé de pneus évoluant sur une route est nettement supérieure.

De plus, la forme d’un train, constitué de wagons disposés en convoi, offre une résistance à l’air plus faible que des véhicules indépendants.

Enfin, la massification des flux entraîne une réduction de la consommation énergétique.

Capacité de transport, consommation d’espace et problèmes de congestion

Le transport par rail permet une grande capacité de transport pour un encombrement faible, un atout particulièrement avantageux dans les zones fortement urbanisées. De même, l’infrastructure ferroviaire est plus respectueuse des paysages que les autoroutes.

Par voyageur-kilomètre parcouru, les chemins de fer exigent un tiers de moins d’espace que la voiture particulière. Il en est de même pour le transport de fret, puisque la capacité de transport par unité de surface est d’environ 11,6 t/km/m2/jour pour le rail contre seulement 3,9 environ pour la route.

La congestion dans les transports provoque des gaspillages considérables pour l’ensemble des utilisateurs. Les embouteillages entraînent des pertes de temps, mais aussi de la fatigue ou du stress chez les conducteurs et leurs passagers avec des conséquences sur la productivité au travail. Le nombre de voitures et la demande en déplacements augmentent fortement, risquant ainsi de provoquer une situation inextricable dans quelques années, surtout dans la zone du Grand-Beyrouth.

L’encombrement du trafic ne concerne pas seulement le transport routier. Le terminal de conteneurs du port de Beyrouth, par exemple, connaît lui aussi des problèmes de congestion qui pénalisent les transporteurs maritimes. Là encore, le chemin de fer offre des solutions qui méritent d’être sérieusement étudiées.

Un mode de transport respectueux de l’environnement et de la santé publique

Le développement du transport ferroviaire, dont les avantages en matière de respect de l’environnement sont incontestés, représente l’une des mesures les plus efficaces pour obtenir des résultats positifs à court et moyen terme.

Pour comparer l’impact des divers modes de transport sur l’environnement, il suffit de rappeler qu’un train fret de 30 wagons permet d’éviter la circulation et la pollution de 60 camions. (Source UIC)

Grâce à son rendement énergétique élevé et la souplesse dans le choix de sa source d’énergie primaire, le transport par rail rejette beaucoup moins de CO2 et autres gaz à effet de serre que les autres modes de transport.

Le transport routier de fret rejette dans l’atmosphère en moyenne 190 g de CO2 / tonne-kilomètre, alors que le rail ne rejette en moyenne que 30 g de CO2 / tonne-kilomètre. (Source UIC)

Mobilité et sécurité

Dans beaucoup de pays, les accidents de la route sont malheureusement la cause principale de mortalité chez les jeunes de 15-30 ans. Le nombre de blessés graves est encore plus élevé.

Au Liban, pour l’année 1999, on déplore 357 tués et 3 528 blessés provoqués par 1941 accidents de voitures, 161 accidents de camions et 419 accidents de motos (Statistiques publiées par l’association libanaise YASA d’après les chiffres officiels du Ministère de l’Intérieur).

Les chiffres annoncés par la YASA pour l’année 2007 ont atteint un record dramatique : 870 tués et 11 400 blessés ! Le coût résultant de ces accidents a été estimé à 970 millions de US dollars pour la même année.

La technologie ferroviaire et les systèmes d’exploitation du chemin de fer permettent de transporter les voyageurs et les marchandises en toute sécurité.

La création d’emplois

Le transport par rail crée des emplois stables, qualifiés et pérennes. Il implique une grande diversité de métiers et offre des perspectives d’évolution professionnelle intéressantes.

En 1970, l’Office des chemins de fer employait environ 1500 cheminots à travers le pays, sans compter les emplois indirects générés par l’activité ferroviaire.

Le rail, facteur de dynamisation économique

En plus de ses nombreux avantages évoqués ci-dessus, le transport par rail, sous toutes ses formes, est surtout un facteur de dynamisation d’activités économiques. Non seulement il favorise les échanges des biens et des personnes ou accompagne le développement industriel, mais il possède, à l’échelle urbaine, des potentiels qu’il serait dommage de négliger.

On observe, par exemple, qu’une gare de chemin de fer, une ligne de métro ou une ligne de tramways, permet de requalifier des territoires urbains en crise, en y insufflant une dynamique nouvelle.

Si l’on s'intéresse au cas de la gare ferroviaire en milieu urbain, on remarque qu’elle est amenée à répondre aussi bien aux besoins des transporteurs qu’à celui des collectivités locales. Les transporteurs souhaitent d’abord optimiser l’intermodalité et le confort de leurs clients. Et de plus en plus, parce que les chemins de fer sont contraints partout de chercher de nouvelles sources innovantes de revenus, les exploitants ferroviaires sont amenés à diversifier leurs offres de services dans les gares et leur environnement immédiat. Cela s’étend de l’optimisation des opportunités commerciales en gare, à la création de recettes substantielles provenant de la location d’un éventail de biens. Simultanément, les collectivités voient dans les gares un facteur de restructuration urbaine. Dans cette perspective, la gare et ses programmes associés doivent assumer à la fois leur rôle de nœud d’un réseau de transport, et leur position de centralité urbaine.

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